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Coquilles, erreurs et autres fautes

Pour faire la différence

Quand on est dans le monde du livre, on entend souvent parler de coquille, d’erreur et de faute. C’est le cas spécifiquement en correction, puisque c’est le cœur du métier de traquer ce trio indésirable. Pour autant, chaque terme désigne une réalité différente, même s’ils sont souvent utilisés comme synonymes ou au sens large (je le fais moi-même dans mes articles !). Quelles sont les différences entre coquilles, erreurs et fautes ?

Imprimerie et caractères mobiles

La coquille est un terme typographique qui vient de l’imprimerie. C’est une erreur de composition en typographie. Lorsqu’on composait encore les ouvrages avec des caractères mobiles, on appelait « coquille » une lettre qui venait se glisser à la place d’une autre dans le texte. Il s’agissait de caractères mal placés, inversés, par inadvertance. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui la faute de frappe : lettres remplacées, lettres inversées, lettres rajoutées.

Origine de l’expression

Savez-vous d’où vient le terme de coquille ? Ce n’est pas un mot lié à l’imprimerie, à l’origine. L’une des hypothèses serait que cela viendrait d’un problème dans le texte du Journal officiel, imprimé après délibération de l’Assemblée nationale sur le calibrage des œufs. La lettre q a été oubliée dans le mot « coquille », ce qui a engendré une situation quelque peu cocasse.

La typographie inspirée de la nature

Ce qui est encore plus cocasse, c’est que la faute d’origine n’est pas une coquille, mais un bourdon ! Un bourdon, au-delà de l’insecte pollinisateur, est un oubli de lettres, de mots ou de paragraphes dû à une certaine inattention (ou un cerveau convaincu de lire quelque chose qui n’est en fait pas écrit).

Inattention et étourderie

Erreur vient du latin error, qui signifie errer. Cela induit une notion d’incertitude ou d’ignorance. On commet une erreur quand on se trompe, et ce sans mauvaise intention. Les erreurs sont donc dues à l’ignorance ou à l’étourderie. Ce sont des actes involontaires ou faits par mégarde.

Erreur involontaire

Dès l’Antiquité, Platon dit qu’une erreur est une ignorance double, c’est-à-dire une ignorance qui ne se sait pas ignorante. Ainsi, quand on est de toute bonne foi, on commet des erreurs, mais quand l’intention s’en mêle, ça devient une faute. L’erreur devient faute lorsqu’on persiste dans sa voie sans chercher à la corriger. Cela peut être une conséquence d’un défaut d’apprentissage, qui montre une absence de volonté de se corriger.

Le mot « faute » est dérivé du latin falsus, qui se traduit par faux. C’est un manquement aux règles établies. Pour un langage, on parle de faute d’orthographe, de grammaire, de conjugaison ou de syntaxe, car on ne respecte pas les règles de la langue en question. Le français étant en plus une langue très codifiée, le nombre de fautes possibles est élevé.

Cependant, on voit de plus en plus un glissement de la locution « faute de français » et dérivées en faveur d’erreur, car le mot faute induit pour certaines personnes une dimension morale. Par opposition à l’erreur faite par inattention, la faute serait intentionnelle. Quand on pense au verbe « fauter », on prend conscience de la culpabilité ou la responsabilité qui s’y rangent.

Chaque terme reprend donc un type d’erreur particulier. Si les coquilles sont facilement évitables avec un peu d’attention, il est bien sûr difficile de retenir toutes les règles de français (et leurs exceptions !), surtout quand on développe d’autres compétences à côté : créativité, imagination, construction, organisation, écriture… Que vous fassiez des coquilles, des erreurs ou des fautes, ne paniquez pas, je suis là pour régler le problème ! Faites confiance à votre correctrice de textes pour effacer ce trio indésirable.