Préparation de copie ou relecture sur épreuve ?
Pour en comprendre la différence

Sous ces termes spécifiques et sans doute obscurs pour beaucoup se cachent deux exercices différents de correction. Ils sont surtout utilisés dans l’édition pour indiquer à la correctrice le type de tâche qu’on souhaite lui confier. Dans le métier, grâce à ces termes, on identifie tout de suite la charge de travail et le temps nécessaire à la correction. Mais alors, de quoi on parle, au juste ?
La préparation de copie

Corriger un jet définitif
La préparation de copie est la première correction d’un manuscrit sous sa forme définitive, accepté en l’état par la maison d’édition ou considéré comme abouti par l’auteurice qui souhaite s’autoéditer. Elle intervient donc après la bêta-lecture, mais avant la mise en page.
Un champ d’action élargi
C’est une étape pendant laquelle la correctrice a plus de liberté pour modifier les phrases si elle considère qu’elles sont bancales, incorrectes ou répétitives. C’est pendant la préparation de copie qu’on peut encore identifier les incohérences et apporter ainsi des réponses.
Des outils informatiques
Si, à l’époque, les corrections étaient faites à la main sur papier selon des signes typographiques très pointus, aujourd’hui il est de plus en plus répandu de corriger par le biais d’un logiciel de traitement de texte, comme Word, Google Doc ou LibreOffice. Toutes les modifications sont laissées visibles (grâce à l’option de suivi de modification) et l’auteurice ou l’éditeurice a le choix d’accepter ou non les corrections.

La correction en préparation de copie

Polir le texte
Lors de cette correction, la correctrice s’attarde particulièrement sur l’orthotypographie, l’unification des graphies et le respect du code typographique ou de la marche maison fournie par l’éditeurice. Elle peut faire des propositions de reformulation (améliorer la syntaxe ou le vocabulaire, respecter le niveau de langage nécessaire au genre choisi, éviter les clichés, effacer les répétitions…) et vérifie les informations.
Un travail chronophage
La minutie nécessaire à la correction en prépa de copie (comme on dit dans le milieu) induit forcément une certaine lenteur d’exécution. Les informations sont recoupées et sourcées, la correctrice vérifie les règles de grammaire, de conjugaison et autre, elle s’informe sans cesse… On estime donc que le rythme de travail est de 6 000 à 9 000 signes (toujours espaces comprises) corrigés par heure.
La relecture sur épreuve
Lire sur maquette
La correction sur épreuve intervient une fois le texte maquetté, dans la forme la plus proche de celle définitive du BAT. Il est possible de corriger sur papier comme sur écran, grâce à un logiciel d’affichage de texte ou d’image (Acrobat Reader, par exemple), en ajoutant des commentaires.
Dernières retouches
Quand on relit sur épreuve, normalement le texte est déjà passé en préparation de copie. Il faut donc s’assurer pendant cette étape que les corrections aient toutes été effectuées et qu’aucune coquille ne subsiste. On en profite pour unifier et harmoniser les graphies (vérifier par exemple que la rectification de l’orthographe soit appliquée partout ou nulle part).


Contrôle de la mise en page
Un aspect important de la relecture sur épreuve est de contrôler que la mise en page respecte les normes typographiques, la charte graphique et les codes de la maison d’édition ou de l’auteurice. Chacun son métier : le graphiste n’est pas censé savoir quand les césures sont correctes ou non, par exemple. Il s’agira donc de signaler les veuves et orphelines, les coupures erronées, les lignes creuses (très peu de mots sur une ligne), les retraits, l’alignement, l’approche (la justification d’un texte cause souvent des mots trop resserrés ou trop espacés)…
La correction en relecture sur épreuve
Vérifier l’ensemble
Tandis que la préparation de copie va s’intéresser au détail, la relecture sur épreuve offre une vision plus globale de l’ensemble : les bons textes associés aux bonnes images, les renvois à leur place attitrée, les folio et appels de note corrects… La correctrice prend du recul pour embrasser le manuscrit dans sa globalité et dans sa forme quasi finale.
Un rythme plus rapide
Lorsque le texte a été préparé en amont, le texte est davantage survolé pendant la relecture sur épreuve. Cette étape est donc plus rapide à effectuer. On estime qu’on corrige alors entre 10 000 et 15 000 signes par heure. Bien entendu, ce rythme n’est absolument pas tenable si le texte n’est pas passé par la case préparation de copie, à moins de porter préjudice à la qualité du travail effectué.

Conclusion
La préparation de copie et la relecture sur épreuve, bien qu’il s’agisse de correction dans les deux cas, n’englobent pas les mêmes tâches et missions, ni les mêmes méthodes. Dans l’idéal, il faudrait deux à trois corrections par différentes personnes pour qu’un texte s’approche de la perfection ; bien entendu, cela coûterait cher. Alors, souvent, la maison d’édition ou l’auteurice se contente de la préparation de copie et laisse la maquette exclusivement au graphiste, s’il y en a un.
