Les homophones et paronymes
Pour ne plus les confondre


Les homophones sont des mots qui se prononcent de la même manière mais qui ont des sens et parfois des orthographes différentes. C’est une des choses auxquelles il faut faire très attention en correction. C’est parfois un vrai casse-tête pour les Français, mais d’autant plus pour les étrangers qui essaient d’apprendre la langue de Molière. On ne compte plus les sketchs sur le sujet ; on peut faire une phrase complète avec ver, vers, verse, verre et autre vert.
Les homophones peuvent prêter à confusion en écriture et en communication. Il est important de choisir le bon mot avec la bonne graphie pour ne pas créer de contre-sens. On peut citer parmi les homophones, par exemple, « a » et « à », « et » et « est », « son » et « sont ». Ce genre d’erreur est répandu ; aussi faut-il y faire très attention. Comment faire pour ne plus se tromper ?

3 aspects à ne pas négliger
Vérifier l’orthographe
Comme beaucoup de choses en langue française, il y a une grande part de par cœur. L’orthographe ne changeant pas, il faut apprendre la graphie des mots. Si vous avez un doute sur un mot, faites une recherche internet ou ouvrez un dictionnaire. Les correcteurs orthographiques ne vous aideront souvent pas : car le principe d’un homophone est qu’il existe sous plusieurs formes.
Illustrons avec un exemple : « sa » et « ça ». « Sa » est un adjectif possessif, tandis que « ça » est une contraction de « cela » et est utilisé pour désigner quelque chose. La différence d’orthographe entre ces deux mots permet de distinguer leur sens. Par exemple, « J’adore ça maison » n’a aucun sens, de la même façon que « sa va » est une erreur.
Établir le contexte
Le contexte de la phrase est un élément clé pour choisir le bon homophone. Les mots qui l’entourent vous donnent des indices sur le sens du mot que vous cherchez. Les homophones semblent identiques à l’oreille, le contexte est un facteur déterminant pour faire le bon choix.
Prenons l’exemple de la phrase « à la maison ». Dans ce cas, le mot « à » est la préposition, et il indique le lieu où se déroule l’action. Il est utilisé pour introduire un complément de lieu. D’un autre côté, le mot « a » est la forme conjuguée de l’auxiliaire « avoir ». Si vous confondiez ces deux homophones, le sens de la phrase est complètement différent. En utilisant le contexte de la phrase, c’est-à-dire le fait que l’on parle de l’emplacement, on peut déterminer qu’il s’agit de « à », la préposition.
Apprendre le sens
Comprendre la signification d’un mot est essentiel. Il n’y a pas de secret : il faut prendre le temps de connaître le sens de chaque homophone pour éviter de se tromper. Avec l’entraînement, vous finirez par intégrer chaque subtilité. Lisez et écrivez régulièrement jusqu’à ce que le sens de chaque mot soit instinctif.
Voici encore un exemple pour accompagner le propos : la différence entre « peu » et « peut ». « Peu » est un adverbe utilisé pour indiquer une petite quantité, tandis que « peut » est la troisième personne du singulier du verbe « pouvoir ». En ayant ça en tête, interrogez le contexte et vérifiez quelle est la bonne forme. Par exemple, « Elle peut venir » signifie qu’elle a la capacité de venir, tandis que « Il a peu de carottes » indique qu’il n’a pas de quoi faire une salade.
Quelques homophones récurrents
Lorsque je fais une lecture, je vois souvent revenir certains homophones qui changent complètement le sens de la phrase. En voici quelques-uns :
- « s’écrit » et « s’écrie » : pour introduire un texte de dialogue au présent, cette erreur revient souvent. Plutôt que d’utiliser le verbe « s’écrier », et donc la forme « s’écrie », l’auteur ou l’autrice marque « s’écrit », donc le verbe « s’écrire ». Pourtant, un protagoniste n’a pas l’air de s’écrire, mais plutôt de s’écrier.
- « sourie » et « sourit » : s’il existe la forme « sourie » pour le verbe « sourire », il s’agit exclusivement du subjonctif présent. Au présent de l’indicatif, on dira donc « il sourit » ou « sourit-elle » !
- « pique » et « pic » : une pique à brochette n’est la même chose qu’un pic de montagne ! Lorsqu’on choisit le masculin pour ce mot, dans l’idée d’un sommet en pointe, l’orthographe est donc pic : pic à glace, pic épidémique, pic de glycémie… On trouve pique au masculin pour indiquer la couleur dans un jeu de cartes (un as de pique) ou dans pique-nique (mais là il s’agit de la forme verbale de piquer).
Au féminin, une pique peut être une arme, une parole malveillante ou un bâtonnet en bois ou métal pour faire un barbecue.

Les paronymes

Au cours de mes corrections, j’ai rencontré des plusieurs confusions entre deux mots qui se ressemblent : ce sont les paronymes. Il s’agit de deux mots qui sont très proches phonétiquement et graphiquement mais qui comportent une petite différence : éminent et imminent, par exemple. Ce sont presque des homophones. Ces mots peuvent parfois apporter des quiproquos dans la communication, car ils sonnent de manière similaire.
Voici quelques paronymes que je vois souvent revenir :
- « Intention » et « attention » : une intention est le fait de se proposer dans un certain but ; une attention est la concentration sur quelque chose ou un soin apporté. Aussi, on dira « elle le regarde avec attention », ce qui signifie qu’elle se concentre sur lui ; tandis qu’on écrira « il s’éloigna avec l’intention de fuir », la fuite est son objectif.
- « Éruption » et « irruption » : une éruption est un jaillissement de lave (pour un volcan) ou de boutons ou taches (pour la peau). Une irruption est une invasion ou une entrée soudaine et/ou forcée. On fait irruption dans une pièce, et on a une éruption cutanée ! (Enfin, je ne vous le souhaite pas.)
- « Collision » et « collusion » : une collision est un choc entre deux corps ou une lutte, tandis qu’une collusion est une entente secrète au détriment d’une tierce personne. C’est ainsi qu’il est correct d’écrire « ma voiture est entrée en collision avec un arbre » et « il y a eu collusion entre les membres du conseil d’administration ». Les membres du conseil ne se sont pas cognés entre eux, mais ont eu une réunion secrète !
Il en existe beaucoup d’autres paronymes courants auxquels il faut faire attention.
Conclusion

Pour réussir à ne plus se tromper et à différencier les homophones et paronymes en français, il est essentiel de prêter attention à l’orthographe, d’établir le contexte de la phrase, d’apprendre la signification des mots et de s’entraîner régulièrement. Cela vous aidera à éviter les erreurs courantes liées aux homophones et paronymes et à améliorer votre maîtrise de la langue française.