Publié par

le

Ne plus confondre infinitif et participe passé

Pour avoir une communication parfaite

La conjugaison en français peut se révéler être une difficulté de taille, même pour les natifs. Nous le savons, le français est une langue qui comporte beaucoup d’exceptions. C’est une des principaux points à vérifier lors d’une correction. Pour les verbes du premier groupe (dont la terminaison est en -er), les similitudes phonétiques entre infinitif et participe passé rendent ardue la tâche de les distinguer. Alors, comment ne plus faire l’erreur ?

L’infinitif est la forme nominale d’un verbe. C’est une forme non conjuguée qui permet d’exprimer une action de manière indéterminée (sans sujet, genre ou nombre). Il s’agit du format initial du verbe avant d’être conjugué. Exemples : manger, dormir, jouer, courir, prendre, faire…

Le participe passé, quant à lui, est une forme conjuguée du verbe, utilisant un auxiliaire (être ou avoir), pour former les temps composés. Il prend diverses terminaisons en fonction du groupe duquel le verbe est issu. Il s’accorde en genre et en nombre. Exemple : mangé, dormi, joué, couru, pris, fait…

Vous le savez, les verbes du premier groupe forment la terminaison de leur participe passé en . Celle-ci a la même sonorité que l’infinitif du verbe, et c’est là que se déploient les difficultés pour les distinguer. À l’oreille, quelle est la différence entre « manger » et « mangé » ? Aucune. C’est un homophone. Il est facile de s’y tromper.

Les autres groupes n’ont pas cette problématique, puisque le participe passé sonne différemment de l’infinitif : pris pour prendre, fait pour faire, dormi pour dormir, etc. (bien qu’il y ait d’autres difficultés à cause des verbes irréguliers qui changent de préfixe à chaque conjugaison, comme aller).

Mais alors, comment s’en sortir, à part en apprenant par cœur toutes les combinaisons possibles de phrases ? Pas d’inquiétude, il existe des astuces et des moyens mnémotechniques.

Commençons par vérifier la présence d’un auxiliaire. Puisque le participe passé est formé avec être ou avoir, leur forme conjuguée est souvent présente. Ainsi, dans la phrase : « J’ai mangé du pain avec du fromage », on voit que l’auxiliaire avoir est là (conjugué au présent), et donc que « mangé » est un participe passé. Il prend la terminaison -é.

Évidemment, ça ne marche pas à chaque fois, puisque l’auxiliaire peut être sous-entendu. Exemple : « Pressé par le temps, il marcha plus vite ». Ici, il n’y a pas d’auxiliaire, mais « pressé » est tout de même un participe passé, qui sous-entend « il est pressé ».

Par contre, voici une astuce imparable qui fonctionne à chaque fois : il suffit de changer le verbe sur lequel vous avec un doute avec un verbe d’un autre groupe, comme faire, prendre, ou mordre. Utilisez-la pour vos relectures. Personnellement, j’utilise « mordre », parce qu’il est bien plus drôle de dire « j’ai mordu avec le ballon » que « j’ai fait avec le ballon » (au lieu de « j’ai joué »). Les moyens mnémotechniques sont plus efficaces quand ils sont rigolos !

Autre difficulté du participe passé : savoir quand on l’accorde et quand on ne l’accorde pas. Je ne vais pas entrer dans les détails des exceptions (comme les verbes pronominaux), j’évoque seulement les règles fondamentales.

Avec l’auxiliaire être, le participe passé s’accorde en genre et en nombre. Exemple : « Elles sont passées par là. »

Avec l’auxiliaire avoir, en général (vous sentez venir l’exception), on n’accorde pas. Exemple : « Ils ont manqué leur entraînement. »

SAUF lorsque le complément d’objet direct (COD) est placé avant l’auxiliaire avoir. Exemple : « La pâtisserie n’a plus de ces délicieuses tartes aux pommes qu’on a dévorées. » Le COD de la phrase « on a dévoré » est « ces délicieuses tartes aux pommes ». Puisqu’il est placé avant l’auxiliaire avoir, le participe passé « dévoré » doit être accordé.

Pour compléter cet article sur les participes passés, parlons également des terminaisons des verbes des autres groupes. Le premier groupe, c’est facile, c’est -é. Et les autres ? Un coup c’est un -s, un coup un -t, un coup rien du tout… Pour nous faciliter la tâche, la plupart de ces lettres est silencieuse. Comment fait-on pour connaître la lettre finale d’un participe passé pour les autres groupes ?

L’astuce est en fait assez simple : il suffit d’accorder le participe au féminin. Vous entendrez tout de suite la lettre qui est censée s’y trouver.
Prenons un exemple : « J’ai pri… un bouquet de fleurs ». Que donne le participe passé de prendre au féminin ? « Prise ». Eh hop, on sait qu’on doit mettre la lettre s.
Autre exemple : « Il est parti… dans les bois ». Le participe passé de partir au féminin est « partie ». On n’ajoute donc pas de lettre (sauf s’ils sont plusieurs, auquel cas on ajoute le s du pluriel !).

La confusion entre l’infinitif et le participe passé en français est très commune. Même s’il s’agit de votre langue maternelle, il est facile de s’y perdre. Néanmoins, avec les astuces que vous avez maintenant, vous ne pourrez plus vous tromper ! Vous verrez, plus vous allez mordre, moins vous ferez la confusion.