Méthodologie de la correction
Pour savoir comment procède une correctrice de textes

Dans le clan des auteurs et autrices, il y a deux types de fonctionnement qui se distinguent : les architectes, qui planifient toute leur histoire à l’avance, et les jardiniers, qui se laissent porter par leur imagination et leurs personnages. Bien sûr, il y a aussi un entredeux, qu’on peut appeler paysagiste. Cependant, la correction ne peut pas vraiment se permettre cette fluidité, car tout doit être passé au crible. Mais alors comment travaille une correctrice de textes ?
Premier aperçu du texte

Synopsis et public
Dans un premier temps, il est important de connaître le synopsis et le public que cible l’auteur ou l’autrice. Ainsi, dès le début, la correctrice peut étudier le texte avec le bon prisme et conseiller l’auteurice en ce sens. Il est évident que des enfants de douze ans n’ont pas la même maturité que de jeunes adultes, par exemple.
Découvrir le récit
Ensuite, la correctrice prend connaissance du texte en le lisant ou en le survolant une première fois. Cela permet de connaître les grandes lignes du récit et d’adapter la correction en conséquence. Pour ma part, je commence souvent par faire un premier passage manuel d’Antidote, qui permet d’effacer les fautes les plus évidentes.
Premières corrections
Suivi de modification
Viennent après cela les premières corrections. Bien entendu, le moindre changement se fait en ayant activé le suivi de modification ! Que ce soit sur Word, OpenOffice ou Google Doc, cette fonctionnalité permet à l’auteurice de suivre tout le travail de la correctrice et d’accepter ou non ses modifications. Ça permet de contrôler que personne n’ajoute de passages entiers ou de fautes.
Plusieurs lectures
De nombreuses professionnelles choisissent de faire plusieurs lectures et de se concentrer sur un aspect par lecture : grammaire, conjugaison, ponctuation, syntaxe… Au bout d’un certain temps, le cerveau s’habitue et finit par masquer les erreurs. Pour cela, il suffit de changer la mise en page ou le support, ce qui lui fait croire qu’il s’agit d’un nouveau texte, et rouvre toutes ses capacités.

Laisser reposer le texte

La rapidité, ennemie du bien
Autre aspect important dans la correction : on ne se dépêche pas de corriger un document. Ce n’est pas un travail de rapidité, au contraire. Selon la longueur du texte, il faut compter au moins deux à trois semaines de délai, à partir du début de la correction, en incluant le temps de pause pour permettre d’avoir un regard neuf.
Être en forme pour la corriger
Les correctrices sont tout aussi sujettes à la fatigue que les autres humains, ce qui est normal. Mais une correctrice fatiguée est une correctrice qui risque de manquer des erreurs. Il est alors important de laisser le texte de côté (et les yeux) afin d’y revenir à tête reposée.
Avoir un fichier de référence
Une mémoire de baleine
C’est connu, les correctrices sont un puits de science et de culture générale. Mais il ne faut pas exagérer : comme tout le monde, nos mémoires ont leurs limites. Non seulement il nous faut retenir que les couleurs issues d’objets réels ne s’accordent pas, que les titres prennent une majuscule seulement quand on s’adresse à la personne concernée, que les mots étrangers prennent des italiques, mais en plus il faut savoir que tel personnage porte tel prénom écrit de telle façon, qu’il habite dans tel pays, sur tel continent, et qu’il est le fils de Machin et Bidule…
Fichier annexe
Voilà ce qui sauve une correctrice de textes : avoir un fichier annexe, qui répertorie toutes les règles spécifiques qu’on a du mal à mémoriser, et tout le vocabulaire spécifique et sa graphie pour chaque ouvrage concerné. En fantasy, par exemple, où tout un univers inventé, avec sa faune, sa flore et ses populations, demande autant de nouveaux mots, cela peut faire gagner beaucoup de temps et d’espace de stockage cérébral.

Ne pas se substituer à l’auteur

Garder son rôle
Dernier point très important que j’aborderai : une correctrice n’est pas une autrice. Enfin, elle peut l’être, de façon distincte, pas sur le manuscrit d’une autre personne. Si une phrase paraît bancale ou est syntaxiquement fausse, il est possible de faire des suggestions en commentaire. Une correctrice professionnelle ne modifie pas directement les mots de l’auteurice, sauf si cette personne lui a spécifiquement donné l’autorisation.
Ne pas avoir de biais
Cependant, ce n’est pas parce qu’un passage n’est pas au goût personnel de la correctrice que celle-ci a le droit de le modifier. Une professionnelle sait voir le texte de façon objective, sans y insuffler ses préférences. De la même façon, ce n’est pas parce qu’un passage plaît à la correctrice qu’il est adapté. Le seul biais accepté est celui du public cible : si on destine l’écrit à des enfants en primaire, on évitera le sang qui gicle.
Pourquoi faire appel à une correctrice
Grâce à leur expertise, les correctrices professionnelles garantissent la crédibilité et le professionnalisme de vos écrits, qu’il s’agisse de documents académiques, professionnels ou créatifs. Notre intervention contribue ainsi à renforcer l’impact et la valeur de vos communications écrites, grâce à notre précision et notre minutie.

Conclusion
La correction est un métier exigeant, rigoureux et précis. Une correctrice de textes doit se montrer pointilleuse et observatrice, tout en étant toujours curieuse, afin de vérifier des informations. Parce que la correction ne se limite pas à effacer les erreurs de français : il y a aussi une part de vérification des données : dates, noms des personnes réelles, événements, études scientifiques, etc.